Récit Run & Bike du Bignon par Pierre

Je l’avoue…depuis quelques jours j’appréhendais ce Run and Bike du Bignon. La veille encore j’en avais parlé à certains copains d’entraînement. Ca ne venait pas du terrain, pourtant toujours aussi gras (mais bon, après avoir survécu aux marécages du run and bike du club, rien ne pouvait être plus humide...). Non, mon appréhension, ne venait pas de là. Je m’étais mis la pression tout seul, car je ne voulais pas décevoir mon coéquipier : Simon Catroux. J’appréhendais de ne pas être à la hauteur. Sacha & Louis, nos enfants respectifs, courent ensemble alors pourquoi pas les 2 pères. Présenté sous cet angle, ça peut sembler logique, sauf qu’en l’occurrence la veille de la course je me suis dit : « waouh, je vais courir avec une Ferrari, et moi je sais à peine enclencher la seconde.. ». C’est un peu comme si la tortue de la Fontaine faisait équipe avec le Lièvre … Mixité originale ! Jeudi soir, lors de l’entraînement CAP, Simon souffla le chaud et le froid pendant notre discussion/échauffement : « Tu sais dimanche, je risque de ne pas être trop saignant », me dit-il. « J’enquille une grosse semaine d’entraînement [tu m’étonnes : 3 sorties cap, 2 entraînements nat, 1 sortie vélo club, avant les 20 km du Run & Bike dimanche] ». Au fond de moi, je me dis « chouette, je vais pouvoir le suivre sans tirer la langue »… Mais, telle une lame tranchante, il ajoute « mais ne t’inquiète pas… je ne vais pas te ménager… » La messe est dite : je vais en chier sur les 2 boucles de 10 km chacune, c’est certain ! Nous y voilà. RDV dimanche 9h au stade du Bignon. Retrait des dossards. « on va se prendre le vent en pleine face » me dit-il en préambule…. Echauffement, avec Gaëlle et Vincent, test du vtt. Et déjà le regard bienveillant de « coach Simon » qui s’exprime pour m’apprendre à monter sur le vélo sans perdre de vitesse. Le « coach Simon », c’est un masterchef : 2-3 observations, qui débouchent sur 2-3 conseils, et hop je visualise une technique qui m’a toujours échappé, je la mets en pratique, je commence à la ressentir. De là à le faire dans la course qui débute dans 5’… Rien n’est moins sûr. Avant le coup de feu, notre stratégie est en place : Simon en est certain, vu notre écart de niveau, il courra les 2/3 du temps (lui 1’, moi 30‘’ grosso modo. Enfin ça c’est la théorie d’avant course…). « C’est ce qu’il faut faire pour être efficace ! » assène Simon comme une vérité absolue !. Le mot est lâché : « Efficace ». Il a beau courir avec une tortue, il a l’ambition d’être « efficace », en équipe, avec moi. Waouh, ça me motive ! Je ne veux vraiment pas le décevoir. Je vais peut-être en chier, mais je vais m’accrocher. Bon, ceci dit, je lui demande expressément de faire les 900 m cap en solo du départ. « Je vais en chier, certes, mais moi non plus je ne vais pas le ménager !». Le coup de feu retentit. Je vois au loin que Simon est dans le peloton de tête. Je me prépare, prêt à embrayer. La boucle se termine. Vincent débouche en tête pour rejoindre Gaëlle. Simon arrive en 6 ou 7ème position, j’anticipe son arrivée. Sur ses conseils je roule 100 m à ses côtés. Cela nous permet de nous extirper du reste des coureurs avant notre premier relais. La routine se met en place sur les conseils avisés du coach : Il descend, je récupère le vélo par la selle, il court, je monte…. avec ma bonne vieille méthode du « vélo à l’arrêt », je fais l’effort tout de suite pour le rattraper, une fois à sa hauteur je passe devant, le cardio retombe et dès que j’ai récupéré, je descends en tenant le ceintre le plus au milieu possible (« et pas en tenant le guidon ! sinon, le vélo penche et la chute arrivera tôt ou tard… ». « Ok coach ! Promis je ne le referai plus !! »). Ma montre GPS indique 3’37’’ sur le 1er km ! C’est super ! Nous sommes efficaces ! Au loin, je vois Gaëlle et Vincent qui luttent pour les premières places. Quand tu es aux premières loges tu vois des trucs de ouf ! Ca ne m’arrive jamais ! D’habitude je les vois sur la ligne de départ et à l’arrivée sur le podium. Et encore, si il n’est pas organisé trop tôt ! Je vole, c’est facile avec Simon, la tortue devient presque Lièvre….Ca ne durera que le temps du premier km ! La partie roulante du parcours laisse place à la boue, aux chemins agricoles, aux champs gras. Et au vent de face. Simon est devant. Il est à l’aise dans cette première portion de boue collante. Me voyant à la peine il s’arrête, m’attend et me crie « pédale, pédale, pédale »…. Alors, je « pédale, pédale, pédale » et comme le rythme a brutalement changé , le cardio monte, les cuisses chauffent et le souffle vient à manquer. C’est un nouvel instant magique de la course : Simon se met derrière moi, il me pousse littéralement - les mains en appuie sur le bas du dos - sur 100, 200 ou 300 m, je ne sais plus. Alors je « pédale, pédale, pédale ». J’avance, j’avance, j’avance. Nous sommes efficaces à la hauteur de mes capacités : en équipe, ensemble ! Plusieurs fois, Simon me « bottera le cul », me poussera le train arrière… là pour enclencher une accélération, ici pour traverser 15 m de glaise, là encore pour éviter des racines. Mes « merci » essouflés ne sont pas à la hauteur de son attitude envers moi. Je le remercierai plus tard à l’arrivée. Après la poussette, le tracteur ! Sur une portion roulante et pour augmenter le rythme et alors qu’il roule et que je cours, (…pourtant je suis au taquet, mais il ne s’en doute pas... a priori), Simon me demande : « tu réussirais à accrocher l’arrière de la selle avec ta main droite ? ». « What ? » Je comprends qu’il veut me tracter. Je m’exécute ! On ne dit pas non au coach. On écoute. On expérimente. On assimile….Et me voilà tracté par Simon. Ca ne durera que 15 ou 20 m. Je n’ai pas le souffle pour suivre ce rythme là. Mais quelle sensation ! La première boucle se termine. « Allez Pierre, on ne lâche rien, il ne reste plus qu’une boucle ! ». Au fond de moi, je me dis, « c’est vrai, et c’est tant mieux…mais il en reste encore une ». Nous voilà reparti pour un tour. Devant les premiers sont loin. Il y a longtemps que nous ne les voyons plus. Derrière je ne sais pas. Je ne me retourne pas. Je suis concentré sur Simon, le moteur, le tracteur, l’entraîneur, le protecteur ! Lui est encore lucide, il donne les consignes, motive et relance. Moi je m’accroche. Le souffle me manque. Je ne lui ai pas dit avant la course, mais il m’arrive de faire de l’asthme d’effort, et le rythme (soutenu pour moi) commence à faire son effet sur mes capacités respiratoires. Je suis en apnée (et ceux qui me connaissent savent que l’apnée c’est pas mon truc !). Une bouffée de ventoline entre 2 relais et ça repart, jusqu’à la prochaine fois. Malgré la fatigue qui commence à se faire sentir, nous connaissons désormais le parcours : ses difficultés et ses portions roulantes. Nous anticipons et ajustons nos relais. Mais je sens « mon Simon » à l’affût. Je le vois qui commence à regarder derrière. Je sais qu’il est compétiteur. Déjà en début de course, il m’avait sermonné quand j’avais laissé la porte ouverte - trop facilement - au vététiste qui me remontait. Je pense que ce n’est pas la place finale qui l’intéresse par-dessus tout. Il ne veut tout simplement pas qu’on se fasse remonter par l’arrière. Il veut qu’on maintienne notre position. Je le sens, je le vois dans son regard et son attitude. Il n’a pas besoin de me le dire, je l’ai deviné. Alors je mobilise l’énergie qui me reste, me concentre sur mon effort et j’accélère. Au point, sans m’en rendre compte, de le laisser à 30 m derrière moi (… j’étais sur le vélo, inutile de le préciser !!...) Une fois revenu à ma hauteur, je m’excuse de cette irrespectueuse accélération. Il ne m’en voudra pas…. Enfin…c’est ce que je croyais…il m’avait prévenu : il ne me ménagera pas ! A peine 100 m plus loin, il me dit : « Maintenant, Pierre, on met du rythme pendant 15’ […j’ai failli m’étouffer… ]. Il reste 20’ de course, derrière ils reviennent, on va essayer de les écœurer pour qu’ils ne remontent pas ! » « Si tu le dis… » La cadence augmente. Simon écrase l’asphalte sur 300 m à chaque relais. Je suis épaté. J’en fais de même, vraiment !, … c’est mon intention et mon ressenti… mais sur 50 m tout au plus.. après,… je m’écrase.. L’effort est vain. Je me fais, nous nous faisons remonté(s) par une équipe de Cormaris triathlon. Je suis déçu pour Simon, pour notre binôme, d’autant qu’il imprime le rythme devant. Et en même temps, je sais que je ne peux pas faire mieux. Nous nous accrochons. Par moment, nous revenons. J’ai l’impression que nous faisons l’accordéon avec cette équipe en fonction de qui de nous deux court. L’arrivée est proche. Une ultime consigne de Simon pour mon dernier relais course à pied : « vas y, drop ! drop ! » Je m’exécute. Je m’étonne même de mettre cette cadence (encore et toujours sur 50 m…). L’arche d’arrivée est en vue. Il reste 300 mètres. Simon sprint. Je lui tends la main pour franchir la ligne ensemble. Il ne la saisit pas. Il reste dans l’effort. Il lui / nous reste un dernier objectif. Il me le dit : boucler la course en moins d’1h25. Il accélère une dernière fois. Saisi ma main au vol. C’est fait ! Moins d’1h25. A quelle place ? Peu importe ! Nous sourions. Je lui suis reconnaissant. Simon, facile et frais, ira vite se changer pour ne pas avoir froid. De mon côté, il me faudra une bonne quinzaine de minutes pour évacuer l’asthme d’effort et retrouver ma capacité respiratoire. Il le saura plus tard. Une fois rentré à la maison, un sms de Simon sur mon portable : « Bravo Pierre ! Tu as assuré ! C’était très sympa ! ». Forcément, je suis content. Content de cette course, comme de celle avec Olivier au Run and Bike du Club, content de ces moments de vie partagés avec les copains de club, dans la ligne d’eau ou sur le tour de piste, avec mes enfants, leurs copains et copines, avec leurs parents, avec les coachs. Mixité, convivialité, formation, performance : Triveloce

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